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Publié par Valérie Dufayet

Rencontre avec Christian Garcin "Les oiseaux morts de l'Amérique" à la Librairie Maupetit Actes Sud le Vendredi 02 février 2018 à 18H00
Rencontre avec Christian Garcin "Les oiseaux morts de l'Amérique" à la Librairie Maupetit Actes Sud le Vendredi 02 février 2018 à 18H00
Rencontre avec Christian Garcin "Les oiseaux morts de l'Amérique" à la Librairie Maupetit Actes Sud le Vendredi 02 février 2018 à 18H00

Dans un Las Vegas à deux visages, vit une poignée d’humains rejetés par les courants contraires aux marges de la société, jusque dans les tunnels de canalisation de la ville, aux abords du désert, les pieds dans les détritus de l’histoire, la tête dans les étoiles. Parmi eux, trois vétérans désassortis vivotent dans une relative bonne humeur, une solidarité tacite, une certaine convivialité minimaliste. Ici, chacun a fait sa guerre et chacun l’a perdue. Trimballe sa dose de choc post-trauma¬tique, sa propre couleur d’inadaptation à la vie “normale”. Comme l’écrit joliment Aline Sirba, "Christian Garcin aime ses personnages et nous les fait aimer, figures de héros déchus représentant l’envers d’une Amérique où il pleut des oiseaux morts. Un beau roman sensible sur la mémoire, les hasards et la poésie."
Le rencontre sera animée par Valérie Dufayet. Le roman de Christian Garcinvient de paraître aux éditions Actes Sud.

Entrée libre et gratuite

«  Si les portes de la perception étaient nettoyées, chaque chose apparaîtrait à l'homme comme elle est, infinie. »

William Blake

Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant pour boire
J'ai
 vu tous les soleils y venir se mirer
S'y
 jeter à mourir tous les désespérés
Tes
 yeux sont si profonds que j'y perds la mémoire

À
 l'ombre des oiseaux c'est l'océan troublé
Puis
 le beau temps soudain se lève et tes yeux changent
L'été
 taille la nue au tablier des anges
Le
 ciel n'est jamais bleu comme il l'est sur les blés

Les
 vents chassent en vain les chagrins de l'azur
Tes
 yeux plus clairs que lui lorsqu'une larme y luit
Tes
 yeux rendent jaloux le ciel d'après la pluie
Le
 verre n'est jamais si bleu qu'à sa brisure

Mère
 des Sept douleurs ô lumière mouillée
Sept
 glaives ont percé le prisme des couleurs
Le
 jour est plus poignant qui point entre les pleurs
L'iris
 troué de noir plus bleu d'être endeuillé

Tes
 yeux dans le malheur ouvrent la double brèche
Par
 où se reproduit le miracle des Rois
Lorsque
 le coeur battant ils virent tous les trois
Le
 manteau de Marie accroché dans la crèche

Une
 bouche suffit au mois de Mai des mots
Pour
 toutes les chansons et pour tous les hélas
Trop
 peu d'un firmament pour des millions d'astres
Il
 leur fallait tes yeux et leurs secrets gémeaux

L'enfant
 accaparé par les belles images
Écarquille
 les siens moins démesurément
Quand
 tu fais les grands yeux je ne sais si tu mens
On
 dirait que l'averse ouvre des fleurs sauvages

Cachent-ils
 des éclairs dans cette lavande 
Des
 insectes défont leurs amours violentes
Je
 suis pris au filet des étoiles filantes
Comme
 un marin qui meurt en mer en plein mois d'août

J'ai
 retiré ce radium de la pechblende
Et
 j'ai brûlé mes doigts à ce feu défendu
Ô
 paradis cent fois retrouvé reperdu
Tes
 yeux sont mon Pérou ma Golconde mes Indes

Il
 advint qu'un beau soir l'univers se brisa
Sur
 des récifs que les naufrageurs enflammèrent
Moi
 je voyais briller au-dessus de la mer
Les
 yeux d'Elsa les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa


Les Yeux d'Elsa 
Poèmes de Louis Aragon 

 

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